Vous souhaitez évaluer les risques psychosociaux dans votre entreprise, mais vous hésitez sur la méthode. Faut-il un questionnaire, des entretiens ou une réunion avec l’équipe ? Le choix dépend de votre activité, de l’effectif et du contexte. Avant de sélectionner un outil, il faut préciser ce que la démarche doit permettre de comprendre et comment elle conduira à des actions.
L’évaluation des RPS porte sur les situations de travail et les conditions d’exposition. Elle vise à identifier les facteurs de risque, mais aussi les ressources à préserver. Voici cinq étapes pour structurer ce travail dans une TPE ou une PME, en cohérence avec les repères de l’INRS. [1]
Étape 1 : Cadrer la démarche avec les acteurs concernés
La première étape consiste à définir le périmètre, les objectifs, le calendrier et les moyens. Qui pilote ? Qui participe ? Comment associer les salariés ? Qui décide des actions à l’issue de l’évaluation ? La direction doit pouvoir répondre à ces questions avant de solliciter la parole.
Le CSE, lorsqu’il existe, a sa place dans la démarche. Le service de prévention et de santé au travail peut également apporter son conseil. Dans une petite entreprise, une organisation simple est possible, à condition de prévoir du temps et des responsabilités identifiées.
Le cadre doit préciser les règles de confidentialité, les destinataires des résultats et la manière dont les propos seront restitués. Dans une petite équipe, supprimer les noms ne garantit pas l’anonymat : une fonction ou une situation singulière peut suffire à reconnaître quelqu’un. Il faut anticiper ce risque et éviter les restitutions inutilement identifiantes.
Étape 2 : Rassembler les informations sur le travail
Avant les entretiens, réunissez les éléments disponibles : organisation des activités, horaires, changements récents, incidents, difficultés de qualité, turnover ou alertes déjà reçues. Ces informations servent à préparer l’analyse. Elles ne constituent pas à elles seules un diagnostic.
Identifiez ensuite les unités de travail, c’est-à-dire des ensembles de situations présentant des caractéristiques d’exposition suffisamment proches. Elles ne correspondent pas forcément à l’organigramme. Deux personnes d’un même service peuvent avoir des activités très différentes ; à l’inverse, plusieurs services peuvent partager une même contrainte.
Cette étape aide à couvrir les métiers concernés sans se limiter aux personnes qui s’expriment le plus. Elle permet aussi de comprendre les liens entre les activités, par exemple entre les engagements commerciaux et le travail de production.
Étape 3 : Recueillir les situations vécues et choisir les outils
Les observations, les entretiens et les échanges collectifs permettent de décrire le travail concret. On peut partir d’un moment où l’activité a été particulièrement difficile : que fallait-il faire, avec quels moyens, quelles contraintes et quelles possibilités d’ajustement ?
Un questionnaire peut compléter cette approche, mais ses résultats demandent une interprétation et un retour vers les situations. Dans un petit effectif, sa pertinence et les conditions de confidentialité doivent être examinées avec attention.
L’INRS propose notamment « Faire le point RPS », destiné aux petites entreprises, ainsi que l’outil RPS-DU. Ces outils aident à structurer les échanges et à repérer les facteurs de risque. Il convient d’utiliser leurs versions actuelles et de respecter leurs conditions d’utilisation. [2, 3]
Étape 4 : Analyser les facteurs de risque et les ressources
L’analyse cherche à comprendre ce qui produit la difficulté et ce qui permet de la réguler. Prenons un exemple fictif : un salarié reçoit plusieurs demandes simultanées et ne sait pas laquelle traiter. L’évaluation peut examiner la fréquence de cette situation, les délais imposés, les conséquences sur le travail et la possibilité de solliciter un arbitrage.
La classification des facteurs de RPS offre une grille de lecture : intensité et temps de travail, exigences émotionnelles, autonomie, rapports sociaux, conflits de valeurs et insécurité de la situation de travail. Ces dimensions doivent être reliées aux faits recueillis. [4]

L’évaluation ne nécessite pas une formule unique de cotation. Le choix des critères se fait en fonction de l’entreprise et des risques. L’outil RPS-DU de l’INRS ne retient pas la gravité a priori, difficile à déterminer pour cette exposition. Les échanges et les situations décrites donnent du sens à l’appréciation du risque. [3]
En cas de désaccord entre participants, il est utile de comprendre pourquoi les perceptions diffèrent. Les personnes peuvent ne pas rencontrer les mêmes contraintes ni disposer des mêmes ressources. Une moyenne ne doit pas effacer ces différences.
Étape 5 : Partager les résultats et préparer les décisions
La restitution présente les situations analysées, les facteurs identifiés, les ressources existantes et les priorités à traiter. Elle doit être compréhensible par les personnes qui ont contribué à la démarche. Précisez ce qui a été retenu, ce qui demande un approfondissement et les étapes suivantes.
Les résultats de l’évaluation sont retranscrits dans le DUERP. Pour les entreprises de moins de 50 salariés, la liste des actions de prévention y est consignée. À partir de 50 salariés, les résultats donnent lieu au programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail, le PAPRIPACT. [5]
Le DUERP est actualisé lors d’une décision d’aménagement important modifiant les conditions de santé et de sécurité ou les conditions de travail, ou lorsqu’une information supplémentaire intéressant l’évaluation d’un risque est recueillie. La mise à jour au moins annuelle concerne les entreprises d’au moins 11 salariés. [5]
Si une situation grave est révélée pendant les échanges, les mesures nécessaires doivent être prises sans attendre l’achèvement de la démarche collective. L’évaluation ne suspend pas le traitement d’une alerte.
Questions fréquentes
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DUERP et risques psychosociaux
Passez de l’évaluation à un plan d’action concret et suivi
Sources et repères
Références consultées le 25 septembre 2026.
[1] INRS — Démarche de prévention des RPS
[2] INRS — À propos de Faire le point RPS
[3] INRS — Évaluer les facteurs de RPS avec l’outil RPS-DU
[4] INRS — Facteurs de risques psychosociaux [5] Service Public — Document unique d’évaluation des risques professionnels

